mots-c.frDossier scientifique en français sur le peptide mitochondrial MOTS-c

Études et doses

Les doses de MOTS-c dans la littérature, étude par étude

Toutes les doses ci-dessous sont reprises telles qu’elles figurent dans les articles cités. Elles décrivent des protocoles expérimentaux chez l’animal et ne constituent ni une posologie ni une recommandation.

Dernière révision :

Comment lire cette page

« IP » signifie injection intrapéritonéale, la voie utilisée dans la plupart des études chez la souris. « 2 fois/jour » indique que la dose quotidienne a été répartie en deux injections. Les résultats sont ceux rapportés par les auteurs, dans le modèle étudié.

L’article fondateur : Lee et al., 2015

La première série d’expériences in vivo a utilisé deux niveaux de dose, toujours par injection intrapéritonéale quotidienne [1].

ModèleSchémaRésultat rapporté
Souris C57BL/6 mâles5 mg/kg/jour, IP, 7 joursMeilleure élimination du glucose au test de tolérance, signe d’une sensibilité à l’insuline améliorée
Souris de 3 et 12 mois5 mg/kg/jour, IP, 7 joursChez les souris de 12 mois, sensibilité du muscle à l’insuline ramenée au niveau des jeunes
Souris CD-1, régime normal5 mg/kg/jour en 2 injections, 4 joursLégères baisses du poids, de la prise alimentaire et de la glycémie
Souris CD-1, régime riche en graisses0,5 mg/kg/jour, IP, 8 semainesPrévention de l’obésité et de l’hyperinsulinémie, moins de graisse dans le foie ; aucun effet sur le poids sous régime normal
D’après Lee et al., Cell Metab 2015 (texte intégral et légendes des figures 5 et 6).

Capacité physique et vieillissement : Reynolds et al., 2021

Cette étude a testé le MOTS-c à 5 et 15 mg/kg/jour sur la performance à l’effort chez des souris de différents âges [2].

ModèleSchémaRésultat rapporté
Jeunes souris CD-1 sous régime gras5 ou 15 mg/kg/jour, IPCapacité de course supérieure à la dose haute après 10 jours de traitement, pas après 7 jours
Jeunes souris C57BL/6J, régime gras ou normal15 mg/kg/jour, 2 semainesMeilleure performance sur tapis roulant quel que soit le régime
Souris de 12 et 22 mois15 mg/kg/jour, IP, 2 semainesLes souris âgées ont couru 2 fois plus longtemps et 2,16 fois plus loin
Souris traitées à partir de 23,5 mois15 mg/kg, 3 fois par semaineMeilleure force de préhension, foulée plus longue, meilleur test de marche ; tendance non significative sur la durée de vie (médiane +6,4 %, maximale +7,0 %)
D’après Reynolds et al., Nat Commun 2021 (texte intégral).

Autres études chez le rongeur

ÉtudeModèleSchémaRésultat rapporté
Hyatt et al., 2022 [3]Souris femelles adultes non entraînéesDose unique de 15 mg/kg, IP, 10 minutes avant l’effortTemps de course +12 %, distance +15 %
Kim SJ et al., 2019 [4]Souris rendues obèses par l’alimentation5 mg/kg, 2 fois/jour, 3 joursBaisse de voies plasmatiques liées aux sphingolipides, aux monoacylglycérols et aux dicarboxylates ; meilleure sensibilité à l’insuline
Lu et al., 2019 [5]Souris exposées au froid (4 °C)5 mg/kg/jour, IP, une semaine avant puis pendant l’expositionMeilleure tolérance au froid, gènes thermogéniques de la graisse brune augmentés
Kong et al., 2021 [6]Souris NOD (diabète auto-immun)5 mg/kg/jour, IP, de 7 semaines jusqu’à 18 ou 30 semaines d’âgeApparition du diabète retardée, moins de cellules immunitaires dans les îlots
Zempo et al., 2021 [7]Souris CD-1 mâles sous régime gras5 mg/kg, 2 fois/jour, IP, 21 joursPoids réduit et tolérance au glucose améliorée avec le MOTS-c normal, pas avec la forme K14Q
Kumagai et al., 2024 [8]Souris immobilisées 8 jours15 mg/kg/jour en 2 injections, IP, 8 joursProtection contre l’atrophie musculaire liée à l’immobilisation
Schémas repris des sections « méthodes » ou des légendes de figures de chaque article.

Ces études ont toutes utilisé une injection, le plus souvent intrapéritonéale, voie courante chez le rongeur mais sans équivalent direct en pratique humaine. Les modèles, les sexes, les régimes et les durées varient beaucoup d’une étude à l’autre, ce qui interdit de les additionner pour en tirer une « dose type ».

Chez l’humain : un peptide surtout mesuré, pas administré

Les publications humaines disponibles décrivent le MOTS-c produit naturellement par l’organisme. Elles apportent des corrélations, pas des preuves d’effet d’un MOTS-c administré.

ÉtudePopulationObservation
Reynolds et al., 2021 [2]10 jeunes hommes sédentairesAprès une séance de vélo intense : MOTS-c musculaire ×11,9 ; MOTS-c sanguin ×1,6 pendant et ×1,5 après l’effort, retour à la normale en 4 h
D’Souza et al., 2020 [9]Hommes en bonne santé de 18 à 81 ansMOTS-c sanguin plus bas avec l’âge, mais MOTS-c musculaire environ 1,5 fois plus élevé chez les 45-55 ans et les 70-81 ans que chez les 18-30 ans
Du et al., 2018 [10]40 enfants et adolescents obèses, 57 témoinsMOTS-c plus bas chez les garçons obèses, lié à des marqueurs de résistance à l’insuline ; pas de différence chez les filles
Cataldo et al., 2018 [11]10 adultes minces, 10 adultes obèsesMOTS-c plasmatique similaire dans les deux groupes ; corrélation avec la sensibilité à l’insuline chez les seuls sujets minces
Dieli-Conwright et al., 2021 [12]49 survivantes d’un cancer du sein16 semaines d’exercice aérobie et de musculation : MOTS-c en hausse chez les femmes blanches non hispaniques, pas chez les femmes hispaniques

Des valeurs difficiles à comparer

Les concentrations publiées varient énormément selon la méthode : environ 470 à 560 ng/mL dans une étude pédiatrique [10], environ 0,5 ng/mL dans une autre étude chez l’adulte [11]. Une équipe de contrôle antidopage a développé une méthode par spectrométrie de masse et n’a pas pu confirmer les niveaux de 45,9 à 218,5 ng/mL mesurés par un kit ELISA commercial chez 20 volontaires [13]. Les chiffres absolus de MOTS-c sanguin doivent donc être lus avec prudence.

Les essais cliniques enregistrés

RegistreProduitPhase et populationStatut
NCT03998514 [14]CB4211, un analogue du MOTS-cPhase 1a/1b : volontaires sains non obèses et sujets atteints de stéatose hépatique non alcoolique ; doses croissantes par voie sous-cutanéeTerminé (avril 2021) ; aucun résultat publié sur le registre
NCT07505745 [15]MOTS-cPhase 2a randomisée contre placebo : 120 adultes prédiabétiques en surpoids ou obèses prévus ; dose fixe quotidienne, sous-cutanée, 12 semainesEn recrutement depuis février 2026 ; dose non précisée sur le registre
Informations lues sur ClinicalTrials.gov le 31 octobre 2026.

Le premier critère de l’essai de phase 2a est l’évolution de la sensibilité à l’insuline mesurée par l’indice de Matsuda, avec en parallèle le suivi des événements indésirables jusqu’à la 16e semaine [15]. Ses résultats seront les premières données contrôlées sur un MOTS-c administré à l’humain. Pour la tolérance, voir la page sécurité et effets indésirables.

Questions sur les doses

Peut-on convertir une dose de souris en dose humaine ?

Ce dossier ne le fait pas. Une dose exprimée en mg/kg chez la souris ne se transpose pas directement à l’humain, et aucune dose humaine de MOTS-c n’a été établie par un essai publié. Le registre de l’essai de phase 2a indique une dose fixe quotidienne par voie sous-cutanée, sans en préciser la valeur [15].

Quelle est la dose la plus utilisée chez la souris ?

Deux niveaux reviennent souvent : 5 mg/kg/jour, utilisé par exemple dans l’article fondateur et dans plusieurs études ultérieures [1][6][5], et 15 mg/kg/jour dans les études sur la capacité physique [2]. L’article de 2015 a aussi employé 0,5 mg/kg/jour pendant 8 semaines chez des souris sous régime gras [1].

Le MOTS-c a-t-il prolongé la vie des souris ?

Pas de façon démontrée. Dans l’étude de Reynolds et al., un traitement commencé tard dans la vie a amélioré plusieurs mesures physiques, mais la durée de vie médiane (+6,4 %) et maximale (+7,0 %) n’a montré qu’une tendance, non significative [2].

Références

  1. Lee C, et al. The mitochondrial-derived peptide MOTS-c promotes metabolic homeostasis and reduces obesity and insulin resistance. Cell Metab. 2015. PubMed 25738459 · texte intégral PMC4350682
  2. Reynolds JC, et al. MOTS-c is an exercise-induced mitochondrial-encoded regulator of age-dependent physical decline and muscle homeostasis. Nat Commun. 2021. PubMed 33473109 · texte intégral PMC7817689
  3. Hyatt JK, et al. MOTS-c increases in skeletal muscle following long-term physical activity and improves acute exercise performance after a single dose. Physiol Rep. 2022. PubMed 35808870
  4. Kim SJ, et al. The mitochondrial-derived peptide MOTS-c is a regulator of plasma metabolites and enhances insulin sensitivity. Physiol Rep. 2019. PubMed 31293078
  5. Lu H, et al. Mitochondrial-derived peptide MOTS-c increases adipose thermogenic activation to promote cold adaptation. Int J Mol Sci. 2019. PubMed 31109005
  6. Kong BS, et al. Mitochondrial-encoded MOTS-c prevents pancreatic islet destruction in autoimmune diabetes. Cell Rep. 2021. PubMed 34320351
  7. Zempo H, et al. A pro-diabetogenic mtDNA polymorphism in the mitochondrial-derived peptide, MOTS-c. Aging (Albany NY). 2021. PubMed 33468709
  8. Kumagai H, et al. MOTS-c modulates skeletal muscle function by directly binding and activating CK2. iScience. 2024. PubMed 39559755
  9. D’Souza RF, et al. Increased expression of the mitochondrial derived peptide, MOTS-c, in skeletal muscle of healthy aging men is associated with myofiber composition. Aging (Albany NY). 2020. PubMed 32182209
  10. Du C, et al. Circulating MOTS-c levels are decreased in obese male children and adolescents and associated with insulin resistance. Pediatr Diabetes. 2018. PubMed 29691953
  11. Cataldo LR, et al. Plasma MOTS-c levels are associated with insulin sensitivity in lean but not in obese individuals. J Investig Med. 2018. PubMed 29593067
  12. Dieli-Conwright CM, et al. Effect of aerobic and resistance exercise on the mitochondrial peptide MOTS-c in Hispanic and Non-Hispanic White breast cancer survivors. Sci Rep. 2021. PubMed 34413391
  13. Knoop A, et al. Development of a mass spectrometry based detection method for the mitochondrion-derived peptide MOTS-c in plasma samples for doping control purposes. Rapid Commun Mass Spectrom. 2019. PubMed 30394592
  14. ClinicalTrials.gov. NCT03998514 : étude de phase 1a/1b du CB4211 chez des volontaires sains et des sujets atteints de stéatose hépatique non alcoolique. clinicaltrials.gov
  15. ClinicalTrials.gov. NCT07505745 : étude de phase 2a randomisée, MOTS-c contre placebo, chez des adultes prédiabétiques en surpoids ou obèses. clinicaltrials.gov